• (Texte plus ou moins fictif)

    J'ai longtemps pensé, puis je me suis éclipsée dans ma chambre. Je me suis assise, et j'ai finalement été dans la salle de bain. Je me suis assise par terre sans force, et j'ai essayé. J'ai enfoncé mes doigts dans ma bouche, assez profondément pour en vomir. J'ai beaucoup bavé, craché, mais je n'ai pas réussi. J'ai entendu ma soeur monter, et je suis retournée dans ma chambre comme si de rien n'était. Lorsqu'elle est redescendue, je suis retournée devant le lavabo. J'ai réessayé, en vain. En m'enfonçant les doigts dans la bouche, dans le miroir mon regard a croisé cinq petites coupures volontaires dessinées sur mon bras gauche.

    Avais-je le droit de souffrir ainsi à ce point, et dans l'indifférence la plus totale ?

    J'en doutais. Je me sentais mal. Je me sentais seule.

    J'ai arrêté de penser, et je me suis à nouveau assise par terre. Je voulais vraiment réussir, même si il fallait que j'y passe des heures. Je ne garderais pas ça en moi, il n'en était plus question aujourd'hui. J'avais trop morflé ces dernières années, je n'en pouvais plus.

    J'étais en train de me baser sur l'avis et l'opinion d'autres, et je m'en voulais éperdument.

    J'avais toujours refusé d'agir comme ça. J'avais toujours apprécié mon égoïsme. Et ce soir, tout était remis en cause.

    Puis j'ai réessayé, une dernière fois. Et j'ai réussi.

    Je me sentais fière. Un peu.

    Et pourtant, j'ai vite culpabilisé. J'ai eu l'impression de rentrer si rapidement dans la spirale de la maladie... J'ai voulu pleurer, mais je n'y ai pas réussi. Alors je suis repartie, je me suis allongée, et j'ai écrit.

    J'ai écrit un long texte qui faisait part de tous mes doutes, de mes peurs face à ça.

    Puis j'ai froissé ma feuille avant de la lancer dans la corbeille à papier...

    Je ne voulais pas rester dans cette douleur. Je n'en avais pas besoin.

    Alors je me suis dit que j'allais faire un effort. Que j'arriverais à ne jamais refaire une telle chose.

    Et je repousse à demain. Je me dis que j'arrêterai plus tard.

    Et je reviens sans cesse à la même chose. La même inutilité. La même connerie. Le même problème.

    Et j'en oublie le reste. J'en oublie mes autres emmerdes, j'en oublie ceux qui m'apprécient, j'en oublie tous les facteurs que ça engendre.

    Et j'ai l'impression que je m'en fous.

     

    Texte neuvième, "Plus jamais"


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  • Je m'excuse d'avance pour la longueur inexistante de ce texte, et les tirets et majuscules manquants.

     

    30.11.15

    J'ai vu le vase quitter la table sous tes coups, voler dans l'air, et les petits bris de verre s'écraser puis s'étaler sur la pierre. Les fleurs jonchaient maintenant le sol sans vie, sans sens, sans signification.

    était-ce comme ça que je t'avais connue ? Je ne pouvais me cacher que non. je n'entendais plus tes cris, les murmures dans ma tête, je ne parvenais qu'à voir ton visage rouge de colère et tes mains frappant mon corps jusqu'à la mort, mes yeux voulaient pleurer mais n'y arrivaient pas, je n'avais plus de sentiments, plus d'émotions, je n'étais plus humaine mais simplement l'objet sur lequel tu déversais ta haine la plus profonde.

    Je t'ai laissée te calmer sans mot dire, sans faire un seul geste, je t'ai regardée t'épuiser jusqu'au bout de tes cris et tes coups, je n'ai pas bougé, j'ai attendu, dans l'angoisse, sans savoir quand est ce que tu allais t'arrêter.

    J'ai senti ta force se tarir, tes poings sur mon corps se rarifier. Je me suis assise sur la pierre froide, je t'ai regardée tomber sans réagir. Je n'avais plus de sentiments pour toi, plus aucun. Je ne te reconnaissais plus. Tu n'étais plus celle que j'avais aimée, dont j'avais été follement amoureuse pendant tellement de temps, tu avais étrangement changé vers une personne aussi violente que déshumanisée. Je ne pouvais plus t'apprécier, je n'étais pas assez forte et pas assez folle pour ça.

    Alors je t'ai laissée. Je t'ai laissée essayer de retrouver ta force et je suis partie, loin, pour t'échapper, pour me libérer de la cage des sentiments de l'amour, j'étais un oiseau qui parvenait enfin à reprendre son envol et je n'en étais que trop fière. J'avais froid, j'avais mal, mais j'étais libre et je pense qu'aujourd'hui il n'y a plus que ça qui compte.

    J'avais promis, et toi aussi, que jamais on ne se séparerait. Disons que j'ai perdu... ou est ce toi qui a perdu ? Je ne saurais le dire. Je me sens vide, étrangement vide malgré tant de questions. J'ai envie de me sentir mieux, d'oublier ce passé douloureux, je veux tout laisser tomber, tout effacer, tout recommencer.

    Mais je ne le peux pas. Ici y'a pas de pardon, pas de rachat, pas de rémission.

    T'as fait quelque chose, tu l'assumes et ça te poursuivra jusqu'au bout. Faut s'y faire. J'aimerais tellement que tout change, que je me sente enfin lavée des conneries que j'avais pu faire, des morceaux de ma vie que j'aurais aimé ne jamais vivre, mais non. Tout reste. on efface pas les ardoises. Rien ne change.

     

    Texte huitième, "Erreurs"


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  • 14.11.15

    Espoir...
    Suicide.
    Oui, utilisons les mots comme ils sont. Crus et cruels. Moches et douloureux. Violents et mauvais.
    Mort. Oubli. Absence.
    Je ne sais pas trop quoi penser. Je suis perdue, à cent pour cent. J'ai froid, je n'ai envie de rien, de personne. Juste de lui, et d'un peu d'elle.
    Du réconfort d'un certain homme aussi. Des bras d'une femme, et de la présence d'un garçon.
    Je suis épuisée d''espérer, de tenter d'oublier, d'essayer, de me battre dans le vent, pour rien. Je suis fatiguée, et je ne ressens presque plus les émotions.
    Je ne sais pas quoi penser car tout me submerge, tout me vole, tout m'effraie.
    J'ai besoin d'aide mais je n'ose pas demander. Je refuse de me soumettre à ce point à mon bourreau qu'est l'Absence, jamais. Elle m'affaiblit mais ne m'aura jamais, je l'ai promis à Alex, je lui ai promis que je ne le laisserai pas être remplacé par un sentiment douloureux. Je compte tenir cette promesse, jusqu'au bout… C'est rare qu'une telle motivation me touche.
    ''La fin n'a jamais été aussi proche''
    Chaque seconde est une fin. Chaque seconde l'oublie, l'efface, l'estompe. Chaque seconde m'éloigne de lui, chaque seconde me fait réfléchir, chaque seconde me fait un peu plus penser à cet homme, et à elle.
    Pourquoi toutes ces idées contradictoires ?
    Pourquoi un espoir de changement, sans rien faire ?
    Pourquoi j'espère, mais sans but ?
    Qu'est ce que j''espère, au juste…
    Rien. Rien, rien rien…
    Je ne sais rien. Je n'espère rien. Je ne suis plus rien.
    J'ai juste un simple idéal, un retour d'Alex, un soutien de cet homme, un amour de cette femme.
    « Simple »
    Ceci n'est pas simple. Au contraire. Tout est compliqué, et le temps joue contre moi. Le temps me fait mal.
    Le suicide fait mal.
    L'ennui fait mal.

     

    Texte septième, "Mots crus"


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  • 13.11.15

     

    Je ne comprends pas. Pourquoi ce sentiment d'effroi et de sursaut lorsque je le vois ? Je me pose encore et toujours la question.
    Qu'est ce que je ressens pour lui ? Une forme d'empathie faible, c'est certain. Mais que dire de plus ? Pourquoi cette peur et ce… Cet étonnement ? Je peine à définir mes émotions.
    Je l'apprécie, c'est certain. Mais c'est ce bond que fait mon cœur lorsque je le vois qui m'inquiète, qui me fait envisager que je ressens plus que ce que je crois pour lui. Je trouve ça tellement idiot et tellement effrayant à dire, mais j'ai peur de devoir m'avouer que je… Un peu d'amour pour lui ? Je refuse de me l'avouer, c'est maladif, j'ai peur de devoir accepter une telle réalité parce que je l'ai déjà vécue, je sais ce que je risque. J'ai aimé, j'ai souffert, j'ai été trahie, j'ai attendu, j'ai accepté, j'ai eu mal, j'ai gardé des cicatrices à vie, mais après plusieurs mois de convalescence je suis guérie.
    Et je suis en train de retomber malade.
    Cette maladie qu'on appelle l'Amour, qu'on n'oublie pas, qui nous prend tout notre temps, qui nous empêche de dormir, de penser, qui nous rendrait presque paranoïaque et jaloux, cette maladie qu'on néglige parce qu'elle arrive à presque tout le monde, qu'on néglige parce que chaque cas est différent.
    J'aurais tellement aimé ne jamais revivre cette émotion, ce sentiment qu'on considère pourtant comme le plus beau ! Je ne dis pas que j'aimerais souffrir, je voudrais juste y être indifférente. Être indifférente et ne pas culpabiliser, ne penser à rien, à rien du tout.
    Être indifférente pour tout oublier.
    Ne pas avoir de sentiments ni d'émotions.
    Vivre, ou plutôt exister. Vivre sans être là. Vivre sans profiter. Vivre sans penser.

    Je crois vouloir oublier. Vouloir oublier ce que j'ai vécu avec Alex, tout ce que j'ai dit, ce que j'ai appris. Oublier, et recommencer.
    J'aimerais savoir ce que ça fait de ressentir quelque chose sans savoir le nommer. Cela doit faire peur. En quinze ans, j'ai tout appris. La peur, l'angoisse, l'amour, l'ennui, le déni, la mort, le deuil, l'Absence. Et voilà que j'aimerais retourner au commencement, juste à cause de lui, à cause d'un sentiment qui m'effraie.
    Est-ce vraiment le sentiment qui m'effraie, ou plutôt l'homme qui en est la genèse ? Bonne question.
    Il a quelque chose d'inquiétant, j'en suis convaincue et n'en démordrai pas. Jamais. Alors pourquoi l'apprécie-je ? J'ai l'impression de revenir à la base de mon raisonnement. Et même avant, d'ailleurs. Plus le Temps passe et plus je me pose de questions qui restent sans réponses.
    Encore une fois, rien de va m'aider, mais laisser couler un peu de Temps pourra peut-être clarifier une partie de ma situation ?
    Le Temps. Allégorie, le sablier ou la montre. J'utilise souvent ce mot. Je mise beaucoup sur le Temps. Je suis convaincue de ses bienfaits. Et pourtant, le Temps a été loin de m'aider les deux dernières années. Le Temps sépare les amis. Le Temps efface les souvenirs. Le Temps fait des victimes incurables.
    Et pourtant je continue d'espérer que le Temps est un allié. Pourquoi ? Je ne sais pas. Je suis consciente que le Temps me hait, qu'il me fera du mal jusqu'au dernier jour, jusqu'au bout.
    Alex a été une victime du Temps. Il pensait que le Temps le ferait aller mieux. Il a attendu, attendu, attendu, sans résultat, et a fini par lâcher prise et tout laisser tomber.
    Il m'a fallu six mois pour comprendre ça. Pour comprendre son geste, et les raisons de celui-ci.
    Six mois.

     

    Texte sixième, "Incompréhension"


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