• 19.07.16

     

    Dans le fond, tu le sais, que tu en as besoin de cette drogue. Alors pourquoi t'en priver ? Pourquoi tout faire pour t'en séparer ?
    Tu as TOUT tenté. Du moins tout ce que tu pouvais faire seule. Et rien n'a fonctionné. Tu as été soutenue par tes amis, par ceux à qui tu en as parlé. Tu as été motivée. Tu as perdu espoir quand tu as compris que la dépendance avait beaucoup trop empiété sur ta vie. Pour arrêter, même l'ultimatum ne t'a pas suffi. Tu as perdu la personne que tu aimais le plus au monde, juste pour cette merde.
    Les crises d'angoisse, de panique, de larmes, l'insomnie, la mélancolie, les idées noires, les douleurs, tu subis tout quand tu manques. Mais bordel, depuis quand ton corps est une limite à ce que tu VEUX et PEUX entreprendre ? Tu es capable. Tu as tout surmonté. Donc accroche-toi. Je veux te voir vivre, honnête, vraie. Tu n'es plus la fille morte sans sa drogue, qui vit à travers des effets, Tu t'es collé toi-même cette étiquette, à toi de l'enlever maintenant... Et tu peux le faire. Tu peux, parce que tu sais que ce n'est pas vivable. Que ça ne pourra pas durer éternellement.
    Alors tu vas prendre ton courage à deux mains et tu vas souffrir. Tu vas souffrir pour revivre, pour te dire que tu as réussi. Tu as encore tant de choses à te prouver, ne te plie pas au diktat de ce poison qui brise ton quotidien. Certes ce sera difficile, semé d'embûches, en rien ce ne sera un moment agréable, mais dis-toi que ce n'est qu'un moment à passer. Ta vie est comme un livre divisé en chapitres : lorsqu'un est mauvais, le suivant ne pourra pas être pire.  La suite est toujours meilleure.
    Tu dois, et tu peux le faire. Pour eux, pour Elle, et surtout pour toi. T'échapper de cette prison de verre, pour retrouver ta liberté d'antan.

     

    Texte dix-septième, "Cruelle volonté"


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  • Revenir deux mois après le dernier texte.. Bien sûr. Désolée !

     

    03.05.16

     

    "- C'est pas ma faute si j'y arrive pas.

    - MAIS BIEN SÛR QUE SI ! PERSONNE ne t'a obligée à commencer, ni à continuer ! PERSONNE !
    - Indirectement si. C'est leur faute. C'est eux qui m'ont fait croire que le problème c'était moi. Que je n'avais pas ma place ici, que j'étais un peu différente des autres et qu'ils ne POUVAIENT pas m'accepter. C'est eux. C'est leur faute si je n'ai pas réussi à tenir le coup toute seule. Pas ma faute si j'ai voulu m'attacher à quelque chose, à défaut de quelqu'un. J'ai pas réussi mais je m'en fous, parce que je n'y suis pour rien. Et aussi parce que je pourrai un jour les faire payer. Me venger par ma haine, mes regards noirs, froids et brûlants, ma façon de les repousser sans aucune peine, le rejet féroce que je leur ferai vivre, je suis capable de tout pour les mettre à ma place ne serait-ce qu'un seul instant, les moqueries, les critiques, les mauvaises paroles, le soulignage mesquin de la moindre différence, je leur ferai tout voir jusqu'à les mener où je suis tombée, les faire souffrir, payer, mourir, survivre, dépendre, repousser, haïr, revivre, mentir, sourire, pleurer, se relever, continuer, se battre contre eux en vain, j'irai jusqu'au bout pour qu'ils aient mal, qu'ils pleurent tandis que je pourrai enfin sourire de mon côté, être enfin satisfaite de moi. Parce que non, je ne pense pas que je pourrai remonter la pente et m'en sortir toute seule tant qu'ils n'auront pas souffert ce que j'ai vécu à cause d'eux. Je ne sais pas pardonner, juste me venger. Je ne sais pas pardonner si l'on m'a fait trop mal, et c'est le cas. J'ai atterri ici par leur faute, et je ne suis pas responsable de ce que tu me reproches.
    - Je suis d'accord, je comprends ce que tu voudrais. Mais ce n'est pas la solution. Au contraire, tu dois leur montrer que tu vas bien. Que leurs critiques ne t'ont PAS touchée !
    - Non. Je ne peux pas.
    - Pourquoi cela ?
    - Parce qu'aujourd'hui, j'ai besoin et surtout envie d'être honnête."

     

    Texte seizième, "Soudaine vengeance"


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  • 20.03.16
    Dans les environs de deux heures du matin

     

    Tu veux vivre. Ou plutôt REvivre. Tu veux remonter la pente après des jours, des semaines, des mois d'absence physique. Mais aujourd'hui tu es là, et tu hésites. Comment repartir ?

    Réfléchis. Remets-toi en question. Oublie tout, efface tout, reprends tout à zéro, et pose-toi la ou les bonnes questions. Que vas-tu faire de ta vie ? Que vas-tu espérer ? Comment comptes-tu évoluer ?

    Tu n'arrives pas à tout effacer ? À réfléchir de manière constructive ?
    Alors imagine.

    Tu entres dans une pièce.

    Il y a des centaines de portes devant toi. Tu ne sais pas ce qui se cache derrière chacune d'entre elles.
    Choisis-en une, ouvre-la et franchis-la. Fais bien attention, car tu ne pourras plus retourner en arrière. Plus jamais. Cette porte est l'allégorie de ton destin. Ton avenir se tracera derrière ce cadre de bois.
    C'est bon, tu es décidé ? Alors vas-y. Il n'y a personne pour t'empêcher de choisir ton futur, personne. Fais ton choix seul, ne te soucie pas de ce que pensent les autres, sois égoïste, égocentrique, solitaire, oublie ces féroces voix qui résonnent dans ta tête, positionne-toi, ne cherche pas à peser le pour et le contre, ne sois pas indulgent avec toi-même mais plutôt cruel, violent, mesquin, faux, méchant, n'hésite pas, sois clair, net, précis, concis, direct, agressif, cru, ne cherche pas à tout atténuer pour que vivre soit moins difficile, vis comme ta vie est prévue sans chercher à sortir des lignes qui ont été tracées pour toi, n'essaie pas de risquer ton destin ailleurs, sois fainéant, sois épuisé, prends quelque chose pour aller mieux, oublie-toi, abîme-toi la santé, empoisonne-toi comme tu l'entends, laisse-toi mourir si c'est ton désir, ne pense plus aux autres, ne cherche pas à vivre pour faire plaisir à des gens dont tu doutes même de l'amour qu'ils te portent, éh oui, au fond, de quoi es-tu sûr ? Quel prix ont les paroles que l'on t'adresse ? Tu ne t'es jamais posé la question parce que tu ne veux pas te rendre à l'évidence, les Humains choisissent d'ignorer ce à quoi ils n'ont pas de réponse, tu préfères éviter ces pensées mesquines par peur de t'égarer seul. Mais réfléchis deux fois à ton entourage et à la solitude, demande-toi ce qui est meilleur pour toi, rends-tu les gens autour de toi vraiment heureux ? Leur causes-tu du tort ? Crois-tu vraiment que certains pensent à toi le matin en se réveillant, la journée en s'occupant, le soir en s'endormant ? Fais-tu rire les autres personnes par ce que tu es, ce que tu fais ? Les rends-tu pensifs parce tes actes, ta personne ? Ou est-ce simplement ce que tu dis ? Et dans ce cas, les paroles n'ont aucune valeur. Chaque Humain peut parler, s'exprimer, hurler ses opinions, mais trop peu de personnes sont capables de dire en toute honnêteté ce qu'ils pensent. Par peur de blesser, de se tromper, de pardonner, de perdre, de nouer des liens on préfère s'estomper ou s'effacer, tricher, montrer le visage de quelqu'un que l'on n'est pas, ou par timidité on s'empêche de parler, parfois on réfléchit, la spontanéité n'existe plus dès lors que l'on est plus seul. On n'est pas indulgent avec soi, on n'a pas peur de se faire mal avec ses propres mots. Alors pourquoi peut-on en blesser d'autres ? Connaît-on vraiment le fond de sa propre pensée ? Parce que parler est impersonnel, affirmer son avis est impersonnel, essayer de vivre parmi d'autres est impersonnel. Et toi, que vaux-tu réellement ? Ne serait-ce pas mieux et plus humain de choisir de rester seul, pour prouver que tu es parvenu à te remettre en question, à comprendre que tu ne mérites pas les autres, soit parce qu'ils sont supérieurs à toi, soit parce que tu trouves bien au-dessus d'eux, soit parce que tu es vraiment trop différent par un aspect physique ou psychologique ? Tu pourras leur exprimer ta décision, leur donner toutes tes raisons, ils douteront toujours de toi, dans tous les cas, parce qu'ils ne seront jamais sûrs que tu es honnête, parce qu'ils pensent que l'honnêteté est un défaut dont personne ne voit la face cachée. Tu ne peux pas nier que c'est totalement faux, au fond de toi tu veux accepter le choix des autres, pour ne pas être obligé de te dire « Oui, je les critique ». Tu voudrais être à la fois toi-même et à la fois une personne polymorphe, pourvoir tout comprendre, tout savoir, tout accepter, tout réaliser. Puis te laisser dépérir en comprenant que ce n'est pas possible. C'est la faute des autres si tu n'arrives pas à construire ton propre avis. Arrête de prendre en compte le choix de ceux qui t'entourent. Sois individualiste à la limite du narcissisme, et quitte à paraître un Humain sans-cœur et froid, ne cherche pas à te forger une identité grâce à d'autres personnes. On pourra toujours contredire ce que chacun pense. Mais les autres sont mauvais, les autres sont inhumains, les autres seront toujours là pour te critiquer dans tes désirs, dans tes buts, dans tes choix, mais ton avenir t'appartient, ta vie t'appartient, ton univers t'appartient, et, même si tu oses encore te sentir entouré, tu ne pourras jamais partager la solitude de ton monde humain et subjectif.
     

    Texte quinzième, "Réflexions"


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  • 29.02.16

     

         Attends. Ne pars pas tout de suite. Laisse-moi te parler. J'en ai pour deux minutes... Il faut que je le fasse maintenant, sinon je n'oserai plus jamais. Écoute-moi. Ce ne sera pas long.
    Ne t'inquiète pas, je sais que tu ne sauras pas quoi répondre. Qu'involontairement, je vais totalement te déstabiliser. Mais tu dois tenir debout. De toute façon je sais que tu ne flancheras pas. Pour aucune raison.

    Il faut que je te parle. Que je t'adresse ces mots doux et durs, si violents, si artificieux, si faux et pourtant tellement sincères.
    Je me dois de te le dire. Je me dois de me lancer, sans te mentir. Je me dois de tout t'avouer.

     

         Je te hais.

    C'est mon amour pour toi qui m'apporte ce sentiment. Je sais que je suis en dehors des lignes, des règles, de lois et autres codes arbitraires. Je me dois de ne pas avoir d'émotions envers et pour toi, mais, à défaut de ne rien ressentir, je ne peux que m'autoriser, ou plutôt m'obliger, de la haine et de l'aigreur. Je n'arrive pas à aller jusqu'au dégoût ou la rancœur, mais c'est un unique but que je cherche à atteindre pour aller mieux. Je veux craindre ta vue, me sentir obligée de t'éviter, ne plus oser te regarder en face et surtout ne plus avoir cette impression que tu es quelqu'un de bien. Je veux arrêter d'être jalouse de ton entourage, jalouse de ceux que tu remarques, jalouse de ceux qui ont la chance de t'avoir et te connaître. Parce que non, je ne te connais pas. C'est par respect que je m'interdis d'envahir ta vie personnelle, et pourtant j'en meurs d'envie. À mes yeux tu n'es qu'un visage, une voix et un savoir que tu partages. Mais je ne sais rien de plus à propos de celui que tu es, et c'est un réel élément qui me fait te détester. Pourquoi apprécier autant celui que je vois si peu, et qui n'est qu'une ombre cachée derrière la connaissance qu'il me transmet ?

     

         Et pourtant je ne vis rien de ce que je désirerais, rien de ce à quoi je m'attendais. Ce sentiment d'amour n'est qu'une utopie, un espoir inaccessible que je n'obtiendrai jamais. Non, au contraire. Tu occupes une place dans mon corps si gigantesque que je n'arrive même plus à t'en extirper, tu envahis l'espace jour après jour sans aucune gêne et sans même t'en rendre compte, tu me fais mal, j'aimerais tellement ressentir un certain... bonheur vis-à-vis de toi ? Mais je n'y arrive pas. Je n'y arriverai jamais. Je suis en train de refaire la même erreur qu'il y a quelques années, je vais vivre la même histoire, je vais faire la même chute, je vais endurer les mêmes douleurs, je vais remonter la même pente glissante sans réelle aide.
    Je serai seule, sans toi, sans moi, sans personne. Je suis vouée à souffrir du moi, du toi, du nous qui n'existera jamais. Parce qu'il m'est à la fois impossible de t'aimer et de te détester. Je dois te rester indifférente, mais après plusieurs mois de lutte effrénée, je n'y parviens toujours pas.

         Ça ne pourra jamais fonctionner. C'est inhumain. J'aurai beau te résister, me battre contre toi, contre moi, contre du vent, contre tout, mon chemin est tout tracé et il ne sera pas possible de m'en écarter. Je ne veux pas être défaitiste, loin de là. Je veux juste être réaliste, je veux que tu me pardonnes de ces sentiments passifs, je veux qu'on m'excuse d'être si inconsciente et machinale. J'avais promis de ne pas refaire la même erreur deux fois. Il faut croire que mon corps n'a pas respecté le protocole établi par mon esprit. Il m'a lancé dans une violente spirale qui ne me mènera nulle part ; par sa faute, je suis vouée à l'échec, à la douleur, à l'absence et au rêve.

     

     

    Texte quatorzième, "Défaitiste"


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