• Texte quinzième, "Réflexions"

    20.03.16
    Dans les environs de deux heures du matin

     

    Tu veux vivre. Ou plutôt REvivre. Tu veux remonter la pente après des jours, des semaines, des mois d'absence physique. Mais aujourd'hui tu es là, et tu hésites. Comment repartir ?

    Réfléchis. Remets-toi en question. Oublie tout, efface tout, reprends tout à zéro, et pose-toi la ou les bonnes questions. Que vas-tu faire de ta vie ? Que vas-tu espérer ? Comment comptes-tu évoluer ?

    Tu n'arrives pas à tout effacer ? À réfléchir de manière constructive ?
    Alors imagine.

    Tu entres dans une pièce.

    Il y a des centaines de portes devant toi. Tu ne sais pas ce qui se cache derrière chacune d'entre elles.
    Choisis-en une, ouvre-la et franchis-la. Fais bien attention, car tu ne pourras plus retourner en arrière. Plus jamais. Cette porte est l'allégorie de ton destin. Ton avenir se tracera derrière ce cadre de bois.
    C'est bon, tu es décidé ? Alors vas-y. Il n'y a personne pour t'empêcher de choisir ton futur, personne. Fais ton choix seul, ne te soucie pas de ce que pensent les autres, sois égoïste, égocentrique, solitaire, oublie ces féroces voix qui résonnent dans ta tête, positionne-toi, ne cherche pas à peser le pour et le contre, ne sois pas indulgent avec toi-même mais plutôt cruel, violent, mesquin, faux, méchant, n'hésite pas, sois clair, net, précis, concis, direct, agressif, cru, ne cherche pas à tout atténuer pour que vivre soit moins difficile, vis comme ta vie est prévue sans chercher à sortir des lignes qui ont été tracées pour toi, n'essaie pas de risquer ton destin ailleurs, sois fainéant, sois épuisé, prends quelque chose pour aller mieux, oublie-toi, abîme-toi la santé, empoisonne-toi comme tu l'entends, laisse-toi mourir si c'est ton désir, ne pense plus aux autres, ne cherche pas à vivre pour faire plaisir à des gens dont tu doutes même de l'amour qu'ils te portent, éh oui, au fond, de quoi es-tu sûr ? Quel prix ont les paroles que l'on t'adresse ? Tu ne t'es jamais posé la question parce que tu ne veux pas te rendre à l'évidence, les Humains choisissent d'ignorer ce à quoi ils n'ont pas de réponse, tu préfères éviter ces pensées mesquines par peur de t'égarer seul. Mais réfléchis deux fois à ton entourage et à la solitude, demande-toi ce qui est meilleur pour toi, rends-tu les gens autour de toi vraiment heureux ? Leur causes-tu du tort ? Crois-tu vraiment que certains pensent à toi le matin en se réveillant, la journée en s'occupant, le soir en s'endormant ? Fais-tu rire les autres personnes par ce que tu es, ce que tu fais ? Les rends-tu pensifs parce tes actes, ta personne ? Ou est-ce simplement ce que tu dis ? Et dans ce cas, les paroles n'ont aucune valeur. Chaque Humain peut parler, s'exprimer, hurler ses opinions, mais trop peu de personnes sont capables de dire en toute honnêteté ce qu'ils pensent. Par peur de blesser, de se tromper, de pardonner, de perdre, de nouer des liens on préfère s'estomper ou s'effacer, tricher, montrer le visage de quelqu'un que l'on n'est pas, ou par timidité on s'empêche de parler, parfois on réfléchit, la spontanéité n'existe plus dès lors que l'on est plus seul. On n'est pas indulgent avec soi, on n'a pas peur de se faire mal avec ses propres mots. Alors pourquoi peut-on en blesser d'autres ? Connaît-on vraiment le fond de sa propre pensée ? Parce que parler est impersonnel, affirmer son avis est impersonnel, essayer de vivre parmi d'autres est impersonnel. Et toi, que vaux-tu réellement ? Ne serait-ce pas mieux et plus humain de choisir de rester seul, pour prouver que tu es parvenu à te remettre en question, à comprendre que tu ne mérites pas les autres, soit parce qu'ils sont supérieurs à toi, soit parce que tu trouves bien au-dessus d'eux, soit parce que tu es vraiment trop différent par un aspect physique ou psychologique ? Tu pourras leur exprimer ta décision, leur donner toutes tes raisons, ils douteront toujours de toi, dans tous les cas, parce qu'ils ne seront jamais sûrs que tu es honnête, parce qu'ils pensent que l'honnêteté est un défaut dont personne ne voit la face cachée. Tu ne peux pas nier que c'est totalement faux, au fond de toi tu veux accepter le choix des autres, pour ne pas être obligé de te dire « Oui, je les critique ». Tu voudrais être à la fois toi-même et à la fois une personne polymorphe, pourvoir tout comprendre, tout savoir, tout accepter, tout réaliser. Puis te laisser dépérir en comprenant que ce n'est pas possible. C'est la faute des autres si tu n'arrives pas à construire ton propre avis. Arrête de prendre en compte le choix de ceux qui t'entourent. Sois individualiste à la limite du narcissisme, et quitte à paraître un Humain sans-cœur et froid, ne cherche pas à te forger une identité grâce à d'autres personnes. On pourra toujours contredire ce que chacun pense. Mais les autres sont mauvais, les autres sont inhumains, les autres seront toujours là pour te critiquer dans tes désirs, dans tes buts, dans tes choix, mais ton avenir t'appartient, ta vie t'appartient, ton univers t'appartient, et, même si tu oses encore te sentir entouré, tu ne pourras jamais partager la solitude de ton monde humain et subjectif.
     

    Texte quinzième, "Réflexions"


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :