• Samedi

      Samedi. 13h. J'ai relu et re-signé le règlement, comme si mon esprit ne l'avait pas encore assez imprimé. On m'a fait ouvrir ma valise, on l'a fouillée, on m'a retiré la plupart de mes affaires. On a vidé mes poches, même sort pour les deux-trois trucs qui y traînaient.
    L'infirmière s'appelle Sandrine. Elle m'a montré les locaux, ma chambre. Quatre mètres carrés, un lit, une table, une chaise, une armoire et un lavabo déglingué. Des draps pliés sur le matelas et un oreiller jauni.
    Sandrine m'a laissée ranger mes affaires et est sortie. Seule entre ces quatre murs plus angoissants que mon avenir.

      On m'a appelée pour rencontrer l'équipe médicale. Sandrine et Léon sont les deux infirmiers du service. Philippe le pharmacien. Monsieur Foch est psychiatre. Je dois le voir tous les jours. Mon Dieu. Les médecins sont en retrait et je ne connais pas leurs noms. Peu m'importe de toute façon.
    Les locaux sont froids. Des couloirs sales, un salon lumineux et vieilli où trône un minuscule canapé en face d'une minuscule télé. Une bibliothèque, des livres, des jeux de société. Une salle de sport. De quoi nous occuper la tête et les mains, en fait.
    J'ai six jours et vingt-deux heures à passer ici. Cent soixante-six heures. Je n'ai pas de commentaire à faire sur la durée de ce contrat.

      Une fille est arrivée au même moment que moi. Elle s'appelle Emma, a vingt-deux ans et se drogue à la cocaïne depuis qu'elle en a seize. On est dans la même merde, l'ami.
    Et il y a Charlie. Elle a vingt-huit ans et c'est son cinquième sevrage ici. Elle nous raconte son passé hospitalier, sa vie avec la drogue, sa volonté de combattre et sa faiblesse. Elle me fait peur.
    D'après Charlie, on est neuf dans le service. Elle nous parle d'Eric, le quarantenaire alcoolique qui n'aime que les blagues beaufs. De Mehdi, le « junkie » ici depuis treize mois. Treize mois. Je ne supporterai pas treize jours ici.

      J'ai découvert par moi-même l'existence de Thomas. Il loge dans la chambre à côté de la mienne et hurle son manque de drogues lors de violentes crises qui lui durent toute la nuit.

    La semaine va être longue.


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