• Poussière 4 - "La cruauté sous ma peau"

    Lundi 08 mai 2017
    20h16


    J'voudrais tellement parler, hurler toute l'histoire, leur dire ce qu'il s'est vraiment passé, au lieu de rester là comme une conne à décrire seulement la partie visible de l'iceberg, j'voudrais décrire ma souffrance, la crasse sur mon corps, la saleté de leurs mots, leur violence, j'voudrais crier, les insulter, leur faire comprendre ce qu'ils refusent de voir en face. J'voudrais qu'on m'aide à laver leur cruauté incrustée dans ma peau désormais, j'voudrais qu'on me frotte les cuisses avec de l'eau de Javel et le côté vert d'une éponge pour tout arracher et ne plus voir tout ça chaque fois que je vais prendre une douche. J'voudrais qu'on me dise ce que j'ai fait, j'voudrais comprendre en quoi c'est ma faute, j'voudrais savoir si j'en fais tout un cake, peut-être que finalement non ce n'est rien de grave, j'en sais rien, j'voudrais qu'on me dise si je suis vraiment la victime là-dedans. J'voudrais dormir la nuit sans somnifère, sans me retourner dans mon lit pendant des heures en repensant à la scène, j'voudrais pouvoir porter les vêtements que je veux sans me sentir coupable si je ne suis pas entièrement couverte. J'voudrais qu'on me dise que les connards dans l'histoire c'est eux. J'voudrais qu'on me dise que ça ne se reproduira plus jamais, mais personne n'en est certain. J'voudrais pleurer devant les autres, j'voudrais que mes larmes révèlent la vérité à elles seules, j'voudrais ne pas avoir à parler, ne pas ouvrir la bouche, laisser les autres deviner, j'suis incapable de mettre des mots là-dessus, il me semble qu'il y a un terme pour ça mais j'peux pas l'utiliser, y'a des victimes qui ont subi bien pire que moi qui peuvent l'utiliser, ce mot. Moi pas. J'me plains tout le temps de toute façon, j'ai qu'à la fermer, occulter cet épisode, taire ce sujet pour toujours, garder ma peine pour moi.
    Mais j'veux juste hurler. Sans savoir quoi dire. J'veux crier dans la rue, sur les toits, avec un porte-voix, à défaut, mettre mes mains en cône autour de ma bouche pour faire plus d'écho, pour que les gens le sachent. Dans le fond, j'sais qu'ils n'en ont rien à foutre.
    J'voudrais hurler, hurler que j'suis incapable de faire face, j'voudrais dénoncer tout ça, dénoncer cette merde qui me suit.

    Mais je sais ce que je risque. Et de toute façon, je n'ai rien. Aucune preuve. Aucun témoin. Aucun nom à balancer. Que dalle.
    Personne ne me croira.
    Tant pis.

    Poussière 4 - "La cruauté sous ma peau"


  • Commentaires

    1
    ClemCa
    Jeudi 27 Juillet à 03:24

    Ce texte fait partie de ceux que je comprends

    Tout ici est plus ou moins personnel, mais leur contenu peut arriver à énormément de personnes...

    Bonne chance et bonne continuation

    ps : le meilleur moyen de passer outre est de trouver un petit truc que tu fais à chaque fois, comme un petit tic ou une habitude. par exemple moi j'ai longtemps eu peur d'aller à mon sous-sol (c'est une autre histoire, un autre traumatisme), quand j'y vais, je laisse toujours allumé la lumière, et surtout, j'en pars toujours en courant comme si j'étais poursuivit... ça paraît con comme ça mais c'est ce qui m'a permis de descendre au sous-sol, et c'est devenu une habitude

      • ClemCa
        Jeudi 27 Juillet à 03:25

        en l'occurence toi c'est la rue, par exemple tu pourrais faire un truc avec le rythme de tes pas, de ta respiration... (on sent l'expérience)

         

        en résumé, au final, ça permet de dépasser sa peur en se concentrant sur autre chose

    2
    Vendredi 28 Juillet à 00:18

    C'est vrai, se concentrer sur d'autres choses aide beaucoup.. Merci du conseil :)

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