• Poussière 19 - « Non, tu n’auras pas arrêté »

     

    Encore un texte à l’arrache, sans relecture, sans même avoir de réelle inspiration pour écrire. Aucune phrase préparée en tête. Juste la haine de moi-même qui souhaite s’envoler, la haine de ces jours qui se ressemblent une fois de plus. Je ne sortirai jamais de ces drogues. Jamais, jamais, jamais. Née pour ça. Je me revois à quatorze ou quinze ans, m’imaginant l’âge adulte comme un cap tellement lointain : « j’ai le temps, j’aurai arrêté d’ici-là ». A la Clara d’il y a cinq ans : non, tu n’auras pas arrêté.
    Sous prétexte que je suis moins « efficace » dans mes révisions sans substance. C’est faux. Trois cachets aujourd’hui et encore une journée à rien branler, repousser mes fiches, alterner une douce et agréable somnolence avec la culpabilité de ne pas travailler. Les démangeaisons que m’apportent cette merde et l’angoisse quotidienne de voir mon stock diminuer. Une incarcérante liberté. Le plaisir de la consommation mêlé au stress du « je vais devoir arrêter, un jour ». Incapable de faire ça. Si j’avais eu la force pour ça, je n’en serais pas là actuellement. Pas là à gribouiller des textes dégueu, le casque sur les oreilles, musiques déprimantes en fond pour rajouter une dose de pluie dans ma journée. J’aurais pu être une étudiante sérieuse, régulière, clean. En réalité, je ne suis que mensonge. Consommer pour travailler, consommer comme on triche. Encore une question de légitimité.  Je n’ai ma place nulle part. Et étrangement, je ne me plains pas de la situation.  Je ne demande pas d’aide. Je ne souhaite pas m’en sortir, en fait. Trop de bonheur dans ces petits cachets orangés. Un simple moyen d’échapper un peu à la longueur habituelle des journées, aux douleurs quotidiennes, sans pour autant m’empêcher quoi que ce soit.
    Je réviserai demain


  • Commentaires

    1
    Jeudi 6 Février à 14:12

    Tu sais, je n'ai jamais commencé la drogue, j'ai toujours refusé, du coup je ne peux pas vraiment en parler, mais par contre, j'ai des addictions plus communes, qui semblent mineures et invraisemblables. Je ne peux me passer de certains aliments qui sont censés être non-addictifs... A savoir le saucisson et les becs. Ca peut sembler mineur, après tout, c'est bon, c'est quelque-chose que l'on aime. Mais derrière, c'est quelque-chose que je ne peux pas arrêter même si je le veux. C'est un poids constant sur mon portefeuille. Quand je n'en ai plus, que je passes devant dans le magasin, je ne peux pas me retenir d'en prendre. Quand je regarde mon bureau et que je n'en ai pas, j'ai cette envie d'en acheter. Ce ne sont pas des produits addictifs, pourtant, j'y suis addict. Aussi mineur que ça semble, je ne pourrais probablement jamais m'en passer.

    Mais bon, tout ça pour dire, on a peut-être tous aucune volonté, aucune capacité à changer nos propres envies, à lutter contre ce putain de corps, ce deuxième esprit qui prends le pas sur nous. Mais malgré tout ça, il faut quand même essayer de faire son mieux pour vivre avec. Résister n'est pas toujours possible, mais faire avec on peut toujours.

    PS: En parlant de réviser, je suis dans le type de situations où je dispose à la fois de beaucoup de talent dans beaucoup de domaines et de choses, mais à la fois d'un manque terrible de capacité à apprendre de manière forcée, je n'ai jamais pu réviser efficacement. J'ai aussi un corps déficient dans le sens où mes mains ne sont ni rapides, ni précises, ni efficaces, ce qui fait que tout ce qui est écrire, découper, agraffer, etc requiert 10 fois plus d'efforts pour un résultat 10 fois plus médiocre. Du coup j'ai trouvé d'autres moyens de faire (ordi) et de retenir les choses, et aujourd'hui je fais mes études et je m'en sors quand même. Juste, suis tes rêves, si tu n'en as pas, crées toi-en à partir de tes passions, si tu n'en a pas crées-toi-en à partir de tes passe-temps, et même si le chemin est tortueux, épineux, et que tu ne sais pas ce qui se trouve au bout de ce putain de désert, dis-toi qu'un jour tu l'auras traversé et qu'il y aura forcément un endroit mieux que celui-ci.

    PSS: Pour moi, la seule raison pour laquelle j'ai été autant captivé par ton blog, pourquoi il m'a permit d'aller mieux dans une époque de dépression est qu'il y a une connexion entre nos modes de pensée. Même si je ne sais même pas si c'est vrai, si tu n'es pas juste une étudiante en droit qui apprécie écrire un blog fictif, pour moi ça veut dire quelque-chose de spécial. Donc 2 choses : si tu pouvais confirmer que j'ai pas pris ce blog au sérieux pendant des années et écrit des pavés plus longs que le poste ça serait bien, et même si c'était faux, on ne peux pas écrire quelque-chose de si proche de la réalité sans en avoir fait l'expérience d'une manière ou d'une autre.

    2
    Mercredi 19 Février à 11:41

     beaucoup de belles histoires, j'adore

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