• Mercredi

    Je viens de me réveiller. On est mercredi, je crois. 13h59. Je n'ai plus aucune force. Mon cerveau ne me suit plus.
    Je ressemble à un zombie. Deux personnes me l'ont déjà fait remarquer. J'ai pleuré devant le psy. Pourquoi ? Aucune idée. Des pleurs de nervosité, en fait. Je n'explique rien de plus.
    Les médecins ne savent plus quoi me dire et ne font que changer d'avis sur mon cas. Ma dose de Subutex n'a pas beaucoup baissé, puisque je ne survis pas sans 6 milligrammes et demi par jour alors que je devrais être à 4. Je suis dans une spirale.
    Effort pour quitter mon lit tout de même. À trimballer la perfusion comme une cancéreuse. J'ai pas payé pour ça. Jsuis venue ici pour aller mieux et là, c'est juste du grand n'importe quoi.
    Au secours.
    Assise au salon avec Charlie, Thomas et l'autre mec muet qui ne parle toujours pas. Charlie se plaint. Elle a la dalle. Tant mieux pour elle, c'est qu'elle est en bonne santé. Je retiens mes larmes. Encore. Je serai courageuse. Je serai plus forte que ce que je crois. 97 heures que je suis enfermée ici. Plus que 70. Condamnée à compter les heures tellement je me sens mal ici. Les journées sont beaucoup trop longues.
    Mes tremblements violents ont entraîné les médecins à me donner un nouveau cachet. C'est ce que je dis, je n'en sortirai pas.
    Le chef du service demande à me voir. Un bureau étriqué qui m'oppresse, des étagères, des centaines de classeurs, de cartons, de papiers divers qui m'écrasent. Il fait un point sur mon traitement et m'explique une énième fois le fonctionnement du sevrage à ma sortie. Je sais, je diminue de 25 % en deux jours. Je sais, je dois aller voir mon généraliste toutes les semaines. JE SAIS, JE NE SUIS PAS SORTIE D'AFFAIRE ET IL N'Y A QUE MA VOLONTÉ QUI COMPTE. JE SAIS.
    J'ai envie de dormir. Dormir pour passer le temps, comme à mon habitude. Charlie m'engueule et dit que je ne fais rien d'autre. Je m'en fous. Je m'entends bien avec elle, mais je n'ai pas la tête à quoi que ce soit. Je devrais m'ouvrir aux autres, mais je n'ai envie que d'être seule avec moi-même. Seule avec la difficulté que représente ma semaine. Je souffre intérieurement et je suis incapable de trouver l'élément qui me fera me sentir mieux.

    Dix-huit heures. J'ai niqué encore une journée. Ça me rassure. Plus beaucoup de temps à survivre ici. Cette clinique est un mélange entre Koh-lanta et la prison.
    Je me sens mourir perpétuellement. Mais tant que je suis en vie, c'est que je peux encore continuer.


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