• Lettre neuvième

    Je t'aime. Je t'aime et c'est insoutenable. Je t'aime et je regrette. Je t'aime et j'en meurs. Je t'aime et je ne parviens pas à me détacher.

     

    07.03.2016

    Et j'me demande où j'en suis.

    Presque dix mois que tu es parti. Dix mois. Dix mois. Dix mois que je vis dans cette solitude, dix mois que j'en pleure, dix mois que j'y repense sans cesse, dix mois que je culpabilise, dix mois qu'on me répète "Tu ne pouvais pas savoir, tu es innocente", dix mois que je n'arrive pas à m'en persuader.

    Dix mois que tu me manques. C'est insupportable. Je sais que j'étais la seule à tes yeux. Je le sais. C'était mon devoir d'être là, de t'aider, de t'épauler. Mais NON. J'ai pas été foutue d'entendre tes cris de douleur et de désespoir. J'ai été aveugle, et aujourd'hui c'est la lumière de la réalité qui m'éblouit avec une telle violence que je préfère fermer les yeux à tout. J'suis devenue quelqu'un de froid, d'antipathique, de faux, de tricheur, de si peu émotif qu'on en dirait une machine. Je me suis tellement convaincue que la douleur n'est qu'une illusion que j'ai l'impression de ne pas souffrir. C'est terrible de te dire ça, je sais, mais j'ai envie d'être honnête cette fois, au moins avec toi. J'en ai marre, Alex. J'en peux plus. Et le passé dans tout ça ? Tu n'as plus ce problème. Mes souvenirs avec toi sont des taches floues dans la mer de mon enfance. Tout est mélangé, bouleversé, tout s'estompe, certains s'effacent par manque de stimulation.

    Je supporterai plus très longtemps comme ça, Alex. J'irai plus très loin sans toi. Je ne le montre pas pour ne pas les inquiéter, mais je n'arrive pas à vivre ton absence.

    Qu'est ce que je ne donnerais pas pour que tu reviennes. T'étais un indispensable, une partie de moi, une personne si importante à mes yeux que jamais je n'ai osé imaginer un futur seule.

    Et j'y suis confrontée du jour au lendemain. Et je n'arrive pas à relativiser. Et on me dit que ça passera, que je réussirai à te laisser partir. Mais non. J'aimerais juste que tu restes avec moi.

    Est-ce trop demander que d'avoir son seul réel ami près de soi ?

     

    Lettre neuvième


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