• Lettre dixième ; "Une année sans toi"

    11 mai 2016
    10h11
    Sur nos escaliers

     

    Alex, mon Alex.

    Aujourd’hui, ça fait un an. Un an que tu es parti, pour l’éternité. Un an que je suis si seule, un an que j’attends désespérément un retour, une issue à ce cauchemar.

    Le temps a été contre moi. Tout est allé très vite. Je me souviens si bien de tout… D’avant, avec toi, du jour où ta mère m’a appelée, en ce 11 mai 2015, et de.. l’après. Ces quatre belles année qu’on a passées ensemble, les fous rires, les disputes, les critiques, le nombre incalculable de SMS, notre mardi sur nos escaliers. Je me souviens si bien de tout. Et après cet indescriptible appel, j’ai compté. J’ai compté les minutes, les heures, les jours, les semaines, les mois. Un par un. “Deux jours… Une semaine… ” “Deux mois… Cinq mois… Dix mois…” Chaque instant me faisait un peu plus souffrir, m’éloignait un peu plus de toi, effaçait plus de souvenirs. Et je me suis interdit de continuer à aller vers les gens, par peur de te remplacer, et de t’oublier. Puis j’ai continué à écrire à propos de toi comme si tu étais encore là, comme avant. Parce que je ne voulais pas l’accepter, parce que je ne voulais pas y croire, parce que j’avais trop mal. Et j’ai je crois encore plus souffert.

    Parfois, je t’en veux. Je pense tellement à toi que je fais tout de travers, et je murmure “Regarde Alex, regarde ce que tu me fais faire”. Et pourtant. Je sais que ce n’est pas toi. Mais j’ai besoin de quelqu’un sur qui me reposer, d’un fautif, de la même manière que ta mère me considère comme la raison de ton éternel départ. Ton départ a laissé un froid entre elle et moi, ce que j’ai tendance à trouver dommage. On est là, à rester toutes les deux, mais chacune de son côté. J’ai tendance à relire le mail rempli de haine qu’elle m’a envoyé il y a quelques mois... Et puis en même temps, je t’en veux quand je vois les problèmes de dépendance par lesquels je suis passée, les nuits entières à me dire que c’est impossible, que tu n’as pas pu faire ça, pas toi. Les insomnies, les crises d’angoisse, mais surtout ces larmes qui n’ont JAMAIS voulu sortir. Je pense que le fait de n’avoir jamais pleuré est ce qui me fait le plus mal. C’est dur, monstrueux, je sais. Et je m’en veux. Mais je n’y arrive pas. Je m’en veux aussi à un point. Pour le fait de n’avoir jamais pleuré, oui, mais aussi pour la plus grosse erreur que j’ai pu faire, celle d’avoir été aveugle, d’avoir toujours cru que tout allait bien pour toi. Je ne me pardonnerai jamais ça, tu sais. Jamais. Tu as le droit de me haïr pour ça, je sais que tu n’étais pas très entourée, je t’ai toujours promis d’être là pour toi, et je n’ai pas été là quand tu en avais besoin.

    J’ai beaucoup réfléchi à propos du suicide. Tellement réfléchi que je suis encore plus perdue qu’avant. J’ai compris que tu avais été courageux, peut être un peu trop. Je ne sais même pas s’il est humain de parvenir à s’infliger une telle violence, parvenir à aller jusque-là.

     

    Tu sais Alex, encore aujourd’hui, j’ai du mal à y croire. Tout me semble si loin… Tu me manques, énormément. Je n’ai pas l’habitude de rester aussi longtemps loin de ceux que j’apprécie. Mais c’est malheureusement la dure vérité que je heurte chaque jour : je dois vivre avec cette absence. Tu n’es plus là, et tu ne reviendras jamais. Mais ce qui est certain, c’est qu’un visage ne s’oublie pas. Jamais.

    Malgré tout, tu restes le premier A de l’abréviation A-L-E-A que je gribouille partout, qui me suit et me soutient. D’autres ont été là pour moi, pour que je ne vienne pas te rejoindre, on m’a retenue à la vie pour que je ne tombe pas dans le piège de cette profonde tristesse. Alex, je te le répète, je t’ai toujours apprécié comme le seul garçon qui a été là quand j’en avais besoin, je t’ai aimé, je t’aimerai encore. Ne t’inquiète plus pour moi, je remonte la pente petit à petit, sans jamais t’oublier. Repose en paix, mon ange. ♥

     

    Lettre dixième ; "Une année sans toi"


  • Commentaires

    1
    ClemCa
    Mardi 28 Février à 19:36

    "Je pense que le fait de n’avoir jamais pleuré est ce qui me fait le plus mal."

    Je pense que si mes parents mourraient je ne pleurerais pas alors que si un de mes potes que je me suis fait cet année mourrait j'aurais plus de chances de pleurer.

    Et c'est certainement ce qui fait le plus mal, de se rendre compte que peut-être on n'est pas si attaché à quelqu'un qu'on se convainc de l'être.

    2
    Mercredi 15 Mars à 20:04

    Exactement... C'est si dur..

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